Souvenir d’une Saint-Valentin

La journée se terminait avec une terrible bataille de cumulus à l’horizon. Des éclairs de lumière étincelants dessinaient les montagnes de nuages ​​alors qu’ils grondaient vers moi. Aujourd’hui plus que jamais, je me suis retrouvé seul assis dans la cuisine, regardant la cime des arbres se balancer, pensant aux jours passés.

La Saint-Valentin… une fabrication d’amoureux. Des bonbons, des fleurs… peut-être même…. peut-être même.

Cela fait si longtemps que je n’ai donné mon cœur à personne et, à vrai dire, je n’ai aucune envie de le donner à nouveau. Il ne s’agit pas tant d’une grande détresse émotionnelle, mais simplement d’une déception. Ce sentiment d’être détaché, mis de côté. Est-ce que je pense encore à elle ? Périodiquement, comme ce soir, alors que l’obscurité commence à m’entourer. Toutes les lumières sont éteintes et le vent gémit aux fenêtres, semblant murmurer son nom.

Je sens, imagine, le doux contact de ses doigts caressant mon cou alors que je suis assis devant l’îlot de la cuisine. Je redresse le dos et me retourne dans l’espoir de… la pièce s’éclaire brièvement avec un éclair… était-ce une silhouette se dessinant à la fenêtre ? Non, juste mon imagination qui fait des heures supplémentaires.

Le temps a consumé la journée en enveloppant chaque lueur de lumière, à l’intérieur comme à l’extérieur. Des bras entourent ma taille et des lèvres douces embrassent mon cou en de brefs bisous… Je suis paralysée. Une voix apparemment venue d’une source lointaine dit : « Profitez, ne réfléchissez pas, profitez simplement. »

Je suis tiré de la chaise vers le canapé. Alors que je m’allonge, une ombre indéfinie se dresse au-dessus de moi. Mes vêtements sont enlevés pièce par pièce par l’ombre jusqu’à ce que je me retrouve nue. L’ombre recouvre lentement ma nudité d’une étreinte chaleureuse mais insignifiante. La méfiance est progressivement remplacée par une excitation croissante. Mon sexe s’allonge à mesure que des doigts invisibles se déplacent le long de la tige dure. Est-ce possible ? Ai-je perdu toute sensibilité, rationalité et compréhension de la réalité ? Mon esprit tourbillonne alors que mon corps est ravi.

Je sens la plénitude de ses seins, la poussée rythmique de ses hanches tandis que mon sexe pénètre au cœur de son essence, le tunnel humide me consume, me tenant serré contre ses parois. Je sens un souffle chaud contre mon visage, mais le seul son est celui de mes propres gémissements alors que mon excitation se transforme en une passion animale. Mes hanches se tordent fort et vite jusqu’à ce qu’une poussée fascinante libère ma semence, recouvrant mes jambes et le canapé.

La tempête et sa fureur sont à leur paroxysme. La pluie claque contre les fenêtres tandis que le tonnerre les fait trembler avec une cacophonie fracassante d’explosions et des éclairs éclairent les arbres lointains dans des formes étranges. Je m’assois nue sur le canapé, ma passion épuisée, me demandant si je me suis réveillé d’un rêve ou…

Je vérifie les fenêtres alors que la tempête continue, mais semble s’atténuer. Je me couche, perplexe à propos de ma soirée de Saint-Valentin.

Je me suis réveillé vers 9h30. Le monde extérieur n’était qu’une collection dégoulinante de feuilles mortes et de branches cassées. En entrant dans la cuisine, je mouds les grains de café puis je les mets dans la presse en attendant que l’eau bout. J’ai allumé les informations locales pour découvrir qu’un petit avion avait été pris dans la tempête et s’est écrasé, tuant les deux passagers.

L’ancienne propriétaire de mon cœur et son amant étaient les passagers. Ils sont morts… juste au moment où l’ombre m’a consumé. La dernière grâce de l’amour, ou…