Isolement – Une histoire d’amants maudits

Lundi 08.36

Le poids de l’histoire pèse lourd ici. Le temps bégaie jusqu’à un arrêt aussi stagnant que les eaux des canaux affluents. Dans l’ennui, j’ai été la proie d’un péché mortel. La luxure me serrant contre sa poitrine haletante, piquant ma chair, embrochant ma chatte trempée avec ses serres alors que je me tortille sans cesse autour de leurs pointes traînantes. Je veux soupirer, haleter, gémir à cause de l’air qui pèse sur mes poumons, mais tout ce que je peux gérer, ce sont des gémissements pathétiques. Tu me manques.

mardi 03.14

Nos corps frénétiques comme de la cire de bougie fondue, entrelacés dans une extase brillante et trempée de sueur. La crasse, pure et sans mélange coule de mon corps aux contours palpitants. L’énergie des affres désespérées se répercute alors que je me concentre sur le plaisir divin intérieur, alors que vos gémissements de satisfaction font rage en un rugissement de plaisir lubrique. Je rêve de toi.

mardi 11.24

Je me tenais dans le vide de la place Saint-Marc, tes mots palpitaient alors que mes doigts subreptices taquinaient mon sexe qui bavait. Le Campanile un phallus, des chevaux de bronze se précipitant comme des satyres lubriques, juste une dryade attendant son destin inévitable. J’ai mal pour toi.

mercredi 03.09

Mes doigts traçant des zébrures rugueuses, sillonnant ta chair. Tes fesses d’un blanc pur marqués des empreintes de ma fureur complaisante et passionnée. Marquant mon territoire comme une troupe de Lions Vénitiens. Fier et sculptural, vengeur et impitoyable. J’ai soif de sentir ta chair sous mon toucher.

mercredi 14h35

En sirotant un cappuccino, la mousse de sperme recouvre mes lèvres alors que je lèche avidement à la recherche de ta saveur salée. La bouche entrouverte désireuse de sentir le liquide chaud me brûler la gorge pendant que vous pompez votre plaisir dans l’étroitesse de ma gorge. Je halète pour toi.

Jeudi 03.17

Il y a un crescendo d’intensité de grognement qui se construit au plus profond de ma bite gonflée et en colère. Rampant avec l’agitation intérieure de la semence presque épuisée, le tremblement bouillonnant de l’attente tranchante. Je suis fier, palpitant pour toi.

jeudi 15.36

Ca Pesaro, Rodin, Les Bourgeois de Calais, projecteurs blancs impitoyables projetant des ombres sur ma chair échauffée. Une masculinité en lambeaux, une musculature sculptée, un gang bang en attente qui n’a besoin que d’une petite poupée de baise souple et volontaire pour se frayer un chemin parmi leurs formes sculpturales. Dans l’ensemble je me tords pour toi.

vendredi 03.02

La lumière déclinante qui traverse les fenêtres aux volets projette des ombres de gargouille grotesques
de damas profond à travers les anciens murs de ma prison d’hôtel. À peine remarqué; consommé dans le souvenir de ma langue fouettant ton bourgeon profondément gonflé, alors que tu jaillis de la glycérine comme de la rosée de miel. J’ai besoin de t’adorer.

Vendredi 07.54

Mon cadre de lit taquin et tentant. Des tubes en laiton à chevaucher, pour broyer ma chatte, pour enrober ma chaleur jusqu’à ce qu’elle scintille sous l’ampoule de 40 watts. Mon clitoris gonflé s’est abrasé dans la soumission alors que je tremblais de délire sur la pointe des pieds. Je frotte, je broie, pour toi.

Vendredi 12.34

J’ai envie de te renverser en un instant vigoureux et soudain. J’ai besoin de m’agenouiller devant la braise incandescente des joues chaudes et retroussées. Une réplique rapide de la main qui claque apporte des empreintes livides de plaisir qui se répand. Le monticule marbré de stuc blush, poussant vers le haut pour recevoir l’hommage. J’ai besoin de te sentir se serrer contre moi.

Vendredi 17.28

La cheville profondément dans le lagon, le vent fouetté, les marées ondulant sur ma chair, tes doigts traînant sur mes vêtements, déchirant, déchirant, exposant des mamelons raides et une chatte boudeuse alors que tu pousses ma bouche sur ta bite gémissante. Je pulse impuissant pour toi.

samedi 03.19

Montées, comme un trophée à faire plaisir, mes mains griffent des seins accueillants tendus, pinçant les mamelons durcis avec une intensité brutale. Le rythme battant des amants entrelacés parmi les dernières lueurs décroissantes d’une toile de Canaletto. Je dors. Je me réveille. Les sons de vos cris extatiques avec moi toujours.

samedi 21.09

L’Arsenal, poussé contre les murs de granit, le visage et les seins abrasés, tenu fixe haletant et désespéré, la jupe relevée, ta virilité enfoncée profondément dans les entrailles de mon être alors que je hurle d’extase. Je miaule de désespoir impuissant pour toi.

dimanche 03.11

Votre con scintillant bouillonnant de délice ambré, pousse mon membre rampant à piller les profondeurs de votre Basilique. Besoin urgent. Tempo allegro. Te sentant repousser l’intrusion, le grognement mat d’intensité s’ensuit notre danse de vigueur amoureuse. Je peux te sentir, te goûter, te sentir.

Amants maudits. Firmament divisé. Se nourrir de souvenirs et d’espoir. Mesurer le temps avec le vide. S’accrochant disloqué aux rêves. Hautes terres ensoleillées. Désir et convoitise. Fusion. Conjoint. Combiné. Nous. Bientôt.