Les murmures à la lumière du jour s'estompent,
notre secret caché derrière des sourires partagés—
les amis se rapprochent, mais je reste
une ombre au bord des kilomètres.
Tu ris avec eux, tes yeux brillent,
tandis que j'ai mal sous l'emprise du lointain ;
mille kilomètres de nuit vide
où seuls les échos retiennent mes lèvres.
Ils volent l'éclat de ton regard,
la courbe de la hanche qui se balance juste comme ça,
les mots taquins que tu leur laisses chance
pendant que je brûle en silence, en regardant lentement.
On vous appelle « belle », vous rougirez ;
un autre entend « beau » glisser ta langue—
Je me mords le poing, la ruée verte
de jalousie trop vive, trop jeune.
Je n’appartiens pas là où vit la lumière du jour ;
pas de contact public, pas de baiser volé,
aucune main ne revendique ce que minuit donne.
Pourquoi goûtent-ils le sifflement sucré
de ton flirt, audacieux et lumineux,
alors que je suis affamé ne serait-ce que des miettes ?
Je les regarde boire ta lumière d'été
et je me demande pourquoi je suis laissé dans des bidonvilles.
Alors la nuit ouvre sa porte de velours.
L'écran brille doucement, votre voix s'enflamme—
les mots coulent comme du miel, chauds et crus,
des corps imaginés, des peaux illuminées.
On parle de soie sur une peau glissante en sueur,
de halètements qui résonnent à travers le fil,
de mains qui errent là où aucune n'est allée
dans le froid du jour, niant le feu.
Pourtant, le matin brise à nouveau le charme.
Je me réveille seul, le silence est fort,
vider une veine creuse
qui palpite là où votre absence se presse.
Je n'appartiens pas à ce qu'ils voient ;
Je possède l'obscurité, le souffle fiévreux—
tandis que d'autres prétendent que le public est « elle »,
Je saisis le fantôme de ce qui reste.