Le cockpit du patriarcat éclabousse ma chair imperméable, pas plus conséquent que les gouttes de pluie martelant une vitre.
Sur mes genoux où tu m’as poussé, pressé, retenu tout entier. Prier, frotter, sucer, servir. Les railleries et les sifflements qui résonnent dans mes oreilles distraites une bande-son d’éternité.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain. »
Des sifflets de loup dans la rue, des lueurs d’échafaudage, nés dans les vestiaires avec bravade au coin de la rue, chantés dans les stades et chuchotés dans les coins sombres des boîtes de nuit alors que l’alcool inonde ma circulation sanguine.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain. »
Isolé. N’est plus cassant. Une épaisse indifférence impénétrable comme un manteau protecteur qu’aucune quantité de serpents borgnes ne peut briser.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain »
Et encore ils viennent et jouissent. Épais et mince, trapu et long, lisse, veiné ou noueux. Un cercle sans fin de viande palpitante et de mains saccadées, chacune unique et identique. Les têtes lisses scintillantes de liquide pré-éjaculatoire alors que les doigts agrippés expriment le besoin gélatineux du garçon à travers des tubes étroits. Les couilles qui se resserrent, la longueur gonflée, la tête qui se contracte alors que chaque petite fente s’élargit pour tirer son offrande, son hommage, son hommage sur ma chair glaciale.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain. »
Un shampoing crème pour faire briller mes cheveux, un gel gluant pour mes yeux, des éclaboussures de crème qui nourrissent mes joues pour maintenir mon éclat de fille, de la morve de garçon pour bouillonner et éclater sous mon nez alors que mes lèvres épaisses de sperme ouvrent leur sourire de rictus.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain. »
Des jets d’arc coulant, des crachats et des taches dans des rafales de mitrailleuses, des résidus suintants essuyés sur ma chair froide et réfrigérée, des flocons séchés et de la crème fraîche décorant mon inconséquence.
« Mère, fille, secrétaire, épouse. »
« Camarade de classe, collègue, petite amie, patron. »
« Fiancé, tante, serveuse, ex. »
Des graines renversées négligemment mourant hors de mon ventre, des taches de foutre tachant mes seins, des ruisseaux coulant leur descente autour de mon torse dans la course pour atteindre ma chatte tranquille. La crasse de peau givrée vitrifiée, toute vie s’évaporant au contact de mon cœur mort, avili, glacé et dégradé.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain. »
Tout ce que je suis. Tout ce que je serai. Comme tu m’as fait. Votre fantasme a donné vie. Plastique et vide. Une marionnette, une marionnette, une poupée gonflable en latex rendue réelle, une page centrale brillante, une pin-up de calendrier, une collection de pixels lumineux et en constante évolution sur votre écran. Tout ce que vous avez toujours voulu, tout ce que vous avez fait de moi, enduit de sperme, trempé de sperme, trempé de sperme pour votre plus grand plaisir.
« Cumdump, cumslut, cocksleeve, putain. »