Le moment où il s’approche

Il me touche le cou.
Je commence à fondre.
Et oublie le bruit
dans ma tête.

Le monde se rétrécit
un pouls, une respiration,
le silence entre
ce qui est dit et ressenti.

Ses traces de pouce
une carte tranquille
sur ma peau
une promesse tenue.

L'air se replie vers l'intérieur,
doux comme le crépuscule;
je perds mon nom
à la chaleur de la confiance.

Son souffle trouve le mien
une marée, un vœu,
le monde se dissout,
et je le permets.

Mon pouls devient
un fil murmuré,
attiré dans l'obscurité
où la pensée s'est enfuie.

Le sol oublie
son poids, son nom ;
Je tombe, pas vers le bas
mais en flamme.

Chaque battement de coeur se replie
la nuit sur deux,
et chaque silence
mène à vous.

je tombe à travers lui
un déroulement lent,
un lâcher prise
de tous mes bords.

Ses mains deviennent
la seule vérité,
le seul endroit
mon corps répond.

Le monde s'éclaircit
à la chaleur et au pouls ;
Je donne, je dérive,
Je suis porté entier.

Et dans ce silence
où la pensée se dissout,
je me sens
démêler, ouvrir.

Puis le calme vient
une marée plus douce,
le genre qui reste
après la tempête.

Nos respirations s'alignent,
sans hâte maintenant ;
le calme tient
quelle chaleur reste.

La nuit approche,
mais n'appuie pas ;
nous nous reposons à l'intérieur
son doux berceau.

Et dans la lueur
de ce que nous avons dépensé,
je trouve la paix
Je n'ai jamais voulu dire.

Et tout le bruit
Je pensais que je portais
tombe
au moment où il s'approche.